That's twisted (2026) - Baptiste Cazaux

En manipulant l’écoute comme une matière plastique et mouvante, créant un terrain de transformation faisant vaciller les temporalités, les affects et les intensités, That’s twisted brouille les repères du temps et de la perception. Porté par sa nostalgie des hymnes pop des années 2010 – teintés de nihilisme et d’un fatalisme joyeux face à l’angoisse d’un avenir incertain – la pièce s’ancre dans une mélancolie contemporaine que Baptiste Cazaux cherche à transcender.

A travers un collage de danses et des sons d’époques différentes, il compose un espace hybride où les gestes, les musiques et les bruits se déforment, se superposent et s’entrechoquent comme un DJ qui scratche au milieu d’un morceau. Dans cette dérive psychédélique et sensuelle, la mémoire et la confusion se fondent pour laisser apparaître un paysage trouble, fait d’échos, de fragments et de présences en mutation.

Après EXERCICE DE STYLES #2 (2019), perfect pitch (2021) et GIMME A BREAK !!! (2023), That’s twisted est le quatrième projet de Baptiste Cazaux. Les premières ont eu lieu du 21 au 25 avril 2026 au Pavillon ADC (Genève, CH).


That’s twisted - un projet de Baptiste Cazaux (50’, 2026)

Concept, chorégraphie et interprétation : Baptiste Cazaux
Musique : Nelly Hello
Regard extérieur : Samir Kennedy
Son : Gaspard Perdrisat
Lumières : Justine Bouillet
Dramaturgie : Johanna Hilari
Oreille extérieure : Sandar Tun Tun
Costumes : Josiane Martinho
Admin/ Prod/ Diffusion en Suisse : Yamina Pilli – oh la la performing arts production
Diffusion internationale : Quentin Legrand – Rue Branly
Production : HONEYHONEYDANCEDANCE
Coproduction : Pavillon ADC (programme (AC)COMPAGNONS soutenu par la Fondation Leenaards), Kaserne Basel
Résidences : Pavillon ADC, Kaserne Basel, IRA Festival, L’Abri
Soutiens : Plateforme de coproduction 2025 de RESO - Tanznetzwerk Schweiz - Réseau Danse Suisse, Pro Helvetia

Photos © Morgan Carlier Van Elsande, Studio Tropbien

 

DATES A VENIR

  • 30.08.2026 | BMotion, Festival OperaEstate Veneto, Bassano del Grappa (IT)

  • 04.10.2026 | FIT Festival, Lugano (CH)

  • 24.11.2026 | Südpol Luzern, Luzern (CH)

  • 27.11.2026 | Swiss Dance Week, Atelier de Paris CDCN, Paris (FR)

  • 28.11.2026 | Swiss Dance Week, Atelier de Paris CDCN, Paris (FR)

  • 06.03.2027 | Printemps de Sévelin, Lausanne (CH)

  • 07.03.2027 | Printemps de Sévelin, Lausanne (CH)

  • 19.03.2027 | La Balsamine, Bruxelles (BE)

  • 24.03.2027 | Usine à Gaz, Nyon (CH)

DATES PRECEDENTES

  • 21.04.2026 | Pavillon ADC, Genève (CH) - PREMIERE

  • 22.04.2026 | Pavillon ADC, Genève (CH)

  • 23.04.2026 | Pavillon ADC, Genève (CH)

  • 24.04.2026 | Pavillon ADC, Genève (CH)

  • 25.04.2026 | Pavillon ADC, Genève (CH)

  • 07.05.2026 | Kaserne Basel, Basel (CH)


[ Entretien ] "Ma démarche artistique s’organise autour d’un désir de créer des formes chorégraphiques vivantes, ouvertes, qui laissent une place réelle à ce qui peut advenir au moment de la performance. J’ai commencé à développer mon travail à travers l’improvisation et la composition instantanée, avec l’idée de construire des dispositifs permettant de transformer la pièce d’une représentation à l’autre. Il s’agissait de laisser une marge d’agentivité à l’intérieur même de la performance. Aujourd’hui, cette recherche est toujours présente, mais elle s’est déplacée. La rigueur n’est plus située dans une écriture formelle ; elle se trouve davantage dans l’état de présence, dans la manière d’habiter la performance et d’y rester disponible. Ce qui m’intéresse, c’est de créer des contextes où je peux être véritablement au travail sur scène : réagir, faire des choix en temps réel, me laisser affecter par le son, la lumière, l’espace ou la relation au public. (...)

Dans 𝙏𝙝𝙖𝙩'𝙨 𝙩𝙬𝙞𝙨𝙩𝙚𝙙, la figure du fantôme a été un moteur important de la création. Je ne l’ai pas abordée comme une image à représenter, mais plutôt comme une manière de penser ce qui persiste, ce qui revient, ce qui continue d’agir alors même que cela a disparu. Dans la danse, cela se traduit beaucoup par l’écoute : la bande-son est construite autour d’une boucle de batterie, et je danse sur ce que j’entends, mais aussi sur la mémoire immédiate de ce que je viens d’entendre. Un élément musical peut disparaître, et pourtant continuer à animer le mouvement. Quand Nelly enlève un élément de la batterie, par exemple, je peux continuer à danser avec son souvenir. La musique n’est plus là de la même manière, mais elle reste active dans mon corps. C’est cette absence qui continue d’agir qui m’intéresse. (…)

WLP : That’s twisted est traversée par un sentiment de fin ou d’effondrement. Envisages-tu la danse, dans ce contexte, comme un geste de résistance ?

Je ne dirais pas spontanément que la danse telle que je la pratique, dans un cadre institutionnel et héritière d’une certaine histoire bourgeoise de l’art, est en soi un geste de résistance. Cependant, les danses qui traversent That’s twisted sont liées à des contextes festifs, à des cultures où le fait de se rassembler, de danser, de produire du collectif peut déjà constituer une manière de tenir face à des situations de crise. Cela dit, ce n’est pas forcément le sujet explicite de la pièce. En revanche, je pense que la chorégraphie peut ouvrir un espace de résistance, notamment dans la manière dont elle organise le temps et l’attention. Créer un spectacle, c’est proposer un cadre où l’on peut ralentir, se concentrer, être attentif autrement. Dans un contexte où l’attention est souvent fragmentée, où les sollicitations sont constantes, le fait de partager un moment de présence soutenue peut déjà être une forme de déplacement. La danse permet également de créer une expérience sensible et collective. Elle engage le corps, mais aussi la perception, l’écoute, la relation aux autres. Ce n’est pas seulement quelque chose à regarder, mais à traverser. Dans ce sens, elle peut ouvrir un espace où d’autres formes de relation deviennent possibles. Donc plutôt que de penser la danse comme un geste de résistance en soi, je la vois comme un espace qui peut accueillir et activer cette dimension, à travers la qualité de présence, d’attention et d’engagement qu’elle propose."
Entretien avec Wilson Le Personnic, juin 2026