Lara Barsacq (FR)

Conseil et aide à la pré-production de la création de Lara Barsacq, IDA, don’t cry me love, dont la première est prévue le 18 octobre 2019 dans le cadre de la Biennale 2019 de Charleroi danse à La Raffinerie (Bruxelles).

A l’origine, il y a Ida Rubinstein, danseuse légendaire des Ballets russes, muse de Serge Diaghilev, qui créa la sensation à Paris au début du XXème siècle par son charisme, sa beauté et sa présence sulfureuse. Dans Salomé d’Oscar Wilde, la danseuse y effeuillait son costume et se dénudait. Triomphe et renommée immédiats. Par cet acte provocant et libérateur, Ida Rubinstein entre dans l’histoire de la danse, de la performance et du féminisme. Un siècle plus tard, Lara Barsacq va à la rencontre de la muse qui constitue pour elle une source intacte d’inspiration et s’entoure de deux autres danseuses. Sur scène, les trois artistes célèbrent et chantent la mémoire, la gloire, l’absence d’Ida. A sa façon bien à elle, mêlant l’historique et le trivial, le grandiose et l’absurde, les souvenirs personnels et les archives, Lara Barsacq compose une ode à la liberté et aux figures tutélaires qui insufflent énergie et audace. Un hymne à la poésie et à la danse comme invention de soi.

Lara Barsacq est chorégraphe, danseuse et comédienne. Elle aime mêler les pistes entre archives, fictions, incarnation et documentaire. En partant de l’histoire, des rituels autobiographique et de la matière du réel elle tente d’imaginer des danses, des métaphores et de basculer dans l’incarnation.

Formée au CNSMDP en danse contemporaine, elle intègre entre 1992 et 1996 la Compagnie Batsheva, chorégraphe Ohad Naharin, se forme aux tournées internationales et de proximité. De 1994 à 2004, elle se consacre à la chorégraphie que ce soit pour ses projets ou à la demande du CNSMDP, de compagnies professionnelles comme l’Ensemble Batsheva. Elle devient interprète des Compagnies Jean-Marc Heim, ALias, Jérôme Bel, Lies Pauwels & Ben Benaouisse, Tristero, Les Ballets C de la B, le GdRA, Benny Claessens, Arkadi Zaides, la cie du Zerep, Danae Theodoridou et Lisi Estaras. Depuis 2004, elle est autant comédienne que danseuse, travaillant à partir d’improvisations et de textes d’auteurs. Elle performe en français depuis 2015 Lecture for everyone de Sarah Vanhee et est dans la dernière création de Benny Claessens Learning how to walk, présenté au KVS. Elle développe son travail chorégraphique en collaboration avec Gael Santisteva. Ils créent en 2016 l’asbl Gilbert & Stock.

Après 15 ans en tant qu’interprète, elle renoue avec la chorégraphie en se concentrant sur un projet personnel : Lost in Ballets russes dont la première a eu lieu en avril 2018 à La Raffinerie, Charleroi danse. Elle entame sa nouvelle création IDA don’t cry me love, une pièce construite autour de la figure d’Ida Rubinstein. La première aura lieu le 18 octobre 2019 à La Raffinerie (Bruxelles) durant la Biennale de Charleroi danse.


DATES A VENIR

18.10.2019 — IDA, don’t cry me love, Charleroi danse, La Raffinerie, Brussels (BE)
29.11.2019 — Lost in Ballets russes (extrait), Podium, La Rampe, Echirolles (FR)
03 - 07.12.2019 — IDA, don’t cry me love, Les Brigittines, Brussels (BE)
26.01.2020 — IDA, don’t cry me love (extrait), Théâtre 140, Brussels (BE)
06.02.2020 — IDA, don’t cry me love (extrait), Centre Wallonie-Bruxelles, Paris (FR)

DATES PRECEDENTES

19.11.2018 — Lost in Ballets russes, festival LEGS, La Raffinerie, Charleroi danse, Brussels (BE)
06 - 07 - 08.12.2018 — Lost in Ballets russes, La Balsamine, Brussels (BE)
21 - 22.05.2019 — Lost in Ballets russes, Centre Wallonie-Bruxelles, Paris (FR)


Je trouve passionnant de se plonger dans une époque précise de l’histoire de la danse et aussi dans son contexte historique tout en cherchant une friction et une ré-apropriation dans le moment présent. J’aime le frottement des époques et l’improbabilité quand il s’agit de les faire coexister, pour leur conférer une toute nouvelle interprétation.

Entretien de Lara Barsacq avec Wilson Le Personnic, maculture.fr, 05.04.2018

Le filet de l’histoire officielle de la danse a de gros trous. Ils sont nombreux à passer au travers. En particulier, les femmes. Heureusement, depuis quelques années, une nouvelle génération d’artistes se passionne pour le passé en accordant une attention aussi rigoureuse qu’amoureuse à des personnalités plus ou moins tombées dans les oubliettes de la mémoire. [ ] Ce fil historique personnel et artistique porte aussi le spectacle Lost in Ballets Russes, conçu par Lara Barsacq, en lien avec son arrière-grand-oncle, le peintre Léon Bakst. Sur fond de ses toiles, elle se glisse dans les gestes de Vaslav Nijinski et d’Ida Rubinstein pour laquelle Maurice Ravel créa Boléro, en 1928. Celle qui, enfant, rêvait sur un poster d’Ida, a fait d’elle son héroïne : « Elle est une source d’inspiration énorme. C’était une féministe qui prenait des risques, se dénudait en 1909 ! Je décale ce qu’elle a fait, j’ose y toucher pour lui redonner une place dans l’histoire. » Lara Barsacq finalise actuellement un trio intitulé IDA Don’t Cry Me Love.

Rosita Boisseau, Le Monde, 20.06.2019


création et interprétation Lara Barsacq, Marta Capaccioli et Elisa Yvelin conseil artistique Gaël Santisteva scénographie et costumes Sofie Durnez création lumières Kurt Lefevre création musicale Tim Coenen, Gaël Santisteva, Lara Barsacq

production Gilbert & Stock coproduction Charleroi danse — Centre Chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles (Bruxelles), Les Brigittines (Bruxelles) résidences de création La Raffinerie - Centre Chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Les Brigittines, Grand Studio (Bruxelles), Le Théâtre de Liège et Honolulu (Nantes) avec le soutien du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles — Service de la danse, Wallonie-Bruxelles International et Grand Studio (Bruxelles)